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Communication persuasive chez les Wolof: Aspects culturels et langagiersfinancé par la Fondation Volkswagen Dr. Anna Marie Diagne& Dr. Christian Meyer
Le projet a pour but de faire des recherches sur les formes, les fonctions et les modalités de la communication persuasive chez les Wolof. En ethnologie, les recherches sur la persuasion sociale ont jusqu'à maintenant été entreprises principalement sous la perspective de l'ethnologie symbolique, de l'analyse discursive et de la rhétorique. Cependant il manque dans la quasi totalité des études des données linguistiques susceptible d'étayer les résultats. En africanistique, la recherche sur le langage ressenti comme convaincant ou persuasif a été largement négligée au profit de l'enregistrement des structures et formes langagières dans des contextes propositionnels et constatifs. Le projet se fixe deux objectifs: premièrement entreprendre l'analyse de l'inventaire sémantique du wolof autour des concepts suivants: Parole - Persuasion - Présentation- Eloquence - Charisme, Autorité - Influence - Pouvoir. Une attention particulière sera octroyée aux représentations normatives, c'est-à-dire aux critères émiques selon lesquels un locuteur est unanimement reconnu comme compétent et éloquent. En second lieu le rapport entre les particularités linguistiques de la communication persuasive (prosodie, syntaxe, sémantique) et leur contexte devra être analysé. Celui-ci est en effet caractérisé par des relations sociales propres au milieu (proximité/distance, hiérarchie), par des fondements culturels de même que par des compétences, buts et ambitions individuels. La base en est la dichotomie conceptuelle préliminaire entre parler à propos de / parler afin de. Les constellations présentes dans chaque processus de persuasion devront être examinées au moyen du discours politique formel dans les conseils de village (wolof: pénc), la parole des décideurs et de leurs griots, et dans différentes associations (wolof: mbootaay), par exemple de jeunes hommes, de jeunes femmes, de même que dans la communication ordinaire (conversations dans les concessions, débats, accusations/justifications etc.) Cela permettra de comparer des situations de formalités différentes. De ces investigations nous espérons acquérir des connaissances générales sur (1) le mode de fonctionnement de la persuasion ordinaire et politique et ses conséquences sur la société et (2) la tension entre la base culturelle (structure) et l'action, car dans le discours persuasif le locuteur suit d'un côté (et souvent de manière obligatoire) des conventions culturelles et d'un autre il utilise la marge de manœuvre disponible pour la variation persuasive afin d'avoir une influence sociale et d'imposer ses intentions. Parmi les objectifs du projet il faut compter la mise sur pied d'une méthodologie stricte reliant données ethnologiques et linguistiques. Un des problèmes non résolus dans ce domaine est par exemple la mise en relation de micro-données (linguistiques, et d'analyse conversationnelle) avec des macro-données (ethnologiques, et de d'analyse du discours). Le projet espère grâce à son caractère interdisciplinaire des progrès dans ce domaine. Un autre problème méthodologique est posé par l'application de procédures de transcription d'analyse conversationnelle dans les recherches dans les langues non européennes. Il sera à cet effet tenté de développer une méthode générale au moyen de l'API (Alphabet Phonétique International) et de la méthode ToBI (Tones and Break Indices) de transcription intonationnelle. La méthode ToBI devra être adaptée aux particularités du Wolof. L'étude de la prosodie forme ainsi le noyau du volet linguistique du projet mais présuppose une description précise de la syntaxe et de la sémantique du corpus qui sera rassemblé. A côté des méthodes linguistiques et d'analyse conversationnelle et de discours à soubassement audio, des enregistrements vidéo devront aider à percevoir la multimodalité de l'action persuasive, c'est-à-dire l'orchestration du contenu, de la forme linguistique, de la prosodie, de la gestuelle etc. Afin de comprendre les contextes individuel, situationnel et culturel, une observation participative ainsi que des interviews détaillées avec les protagonistes devront être effectuées avant et après les situations persuasives. Le matériau vidéo et audio devra être commenté non seulement avec les participants, mais aussi avec des personnes extérieures. De bons contacts avec des personnes ressources ont déjà été établis. |
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